G.L. : D’où vient l’idée ? Quel est le but de cette expo ? H.T. : L’ idée de l’association cascade c’était de créer des liens artistiques entre la région Champagne Ardenne et le Sénégal. On a réfléchi ensemble à plusieurs thèmes et il se trouve que Cheikh Sakho, le président, a parlé de cette reconnaissance des tirailleurs sénégalais. Le sujet nous a paru tout de suite très intéressant, il restait à trouver la forme de l’expo et tout le côté de la réalisation et des financements.
G.L. : A qui vous êtes-vous adressés ? Pour les fonds ? Pour le choix des artistes - y-a-t-il eu un concours - ? Pour le lieu ? H.T. : J’ai trouvé le lieu très rapidement par l’intermédiaire de Marc Bouxin, qui est le conservateur du musée St-Rémi et du Fort de la Pompelle. Ensuite on a construit notre projet et on a fait nos demandes de financement. Il fallait construire le projet avant, trouver la forme : combien d’artistes, comment les sélectionner...On est parti du principe que n’étant pas des professionnels de l’art cotemporain, on allait faire appel à un commissariat constitué de plusieurs membres : des personnes qui sont soit des techniciens de la culture au niveau de la mairie, soit des conservateurs de musée, soit des techniciens de l’art contemporain et de l’art africain - musée Dapper de Paris - On a proposé aux artistes régionaux de travailler sur ce thème et on a eu 16 dossiers, on en a sélectionné 5 lors d’une réunion. Pour le financement, la mairie a financé la plus grosse part, puis la région et le département, on a à peu près un budget global de 30 000 euros.
G.L. : A propos des relations avec les anciens combattants français et sénégalais... H.T. : Les anciens combattants ont été contactés, l’ambassade du Sénégal a eu un dossier, cascade a été flattée d’être sous le patronage du ministère des anciens combattants. Ce qui m’intéressait avant tout, c’était demander à des artistes de travailler sur un projet, c’est un hommage artistique.
G.L. : Ton métier, c’est expert comptable. A priori cela peut paraître loin d’une sensibilité artistique, on peut donc faire les deux ? H.T. : Il y a la sensibilité artistique, je pense que c’est d’avoir envie de découvrir des choses et puis aussi d’avoir l’habitude de voir des expos, de lire, de s’intéresser aux gens, tout ça vient assez facilement, après il faut la volonté. Et puis je pense que mon métier peut beaucoup apporter au niveau de l’organisation. Les artistes ont été contents, ils se sentaient soutenus, ils sentaient que derrière il y avait quelqu’un qui assurait - on n’y réfléchi pas, mais il y a les problèmes d’assurance, de transport des œuvres, le vernissage, la conception du catalogue...-
Le plus intéressant, c’est la relation avec les artistes, c’est de voir comment une expo comme celle-ci met en valeur le travail d’un artiste. Au début on ne connaît pas les artistes, ils sont tous de sensibilités différentes et on se rend compte petit à petit qu’on les aime tous de la même manière et on a envie de mettre en valeur leurs travaux. Je pense notamment à l’expo photo d’Hervé de Williencourt, la conception a été complètement revue, par un commun travail entre l’artiste et moi. Je pense que le résultat est excellent, on se rend compte que les gens passent au moins un quart d’heure dans la salle pour lire les textes, ce qui est assez rare.
La grosse difficulté d’une expo collective, c’est de respecter chacun des artistes. Cela n’est jamais facile pour un artiste d’exposer dans une expo collective, parce que le travail de son voisin peut le mettre en valeur ou au contraire complètement le dévaloriser, d’où la difficulté dans la répartition des lieux : certains artistes se ressemblent, d’autres ont des méthodes de travail complètement différentes...
HOSTIES NOIRES Du 2/11/04 au 12/12/04 Ancien Collège des Jésuites 1 place Museux Tous les jours de 14h à 18h Entrée Libre Tél : 03 26 85 51 50 Lignes A, F, I et T arrêt St Maurice