Le journal du lycée Jean Jaures

 

CHRONIQUES

 
Mes chroniques s’inspirent de la Confession d’un Enfant du Siècle, d’Alfred de Musset. Je n’ai pas l’intention de copier son oeuvre - de toutes façons je n’en serai pas capable !!!-, ni de lui donner une continuité. La Confession de Musset n’ est que le point de départ de mon projet. J’aimerais parler des mentalités d’aujourd’ hui, chercher à les comprendre par rapport aux mentalités de nos parents et de nos grands-parents. Attention, je n’ai aucun but sociologique, c’est juste le plaisir d’écrire...

Nous sommes nés dans une période figée. Avant nous, il y a eu deux guerres, puis une révolution intelletuelle. Nos parents ont été conçus pendant la Seconde et on les a élevés sur ses ruines. A la bouche de leurs parents sonnaient les mots Résistance et Liberté. Mais au milieu de ce paysage lunaire, qui pouvait croire qu’il y avait eu là la Résistance, la Gloire et la Liberté ? Partout où ils allaient, des champs noirâtres s’étendaient devant eux, mélangeant la terre aux bombes pas encore explosées et aux cadavres décomposés. Partout où ils jouaient, il y avait les ruines des maisons qui jadis avaient leurs fenêtres allumées à la tombée de la nuit. Etait-ce cela la liberté, la résistance ? La Gloire avait-elle ce visage aux dents pourries et aux orbites vides ?

Dans les villages et les villes, alors, pour célébrer la Liberté, on vit naître des êtres mi-homme mi-femme, à la tête tondue et au visage pâle. Celle-là n’avaitt pas résistée. On le leur faisait maintenant payer. Et puis, de l’autre côté de la frontière, enfin de tous ses côtés, on entendit une immense clameur. Qu’avaient découvert les hommes ? Des êtres semblables à ceux qu’ils venaient de créer. Mais par milliers. L’ Humanité n’avait-elle alors qu’un seul but ? Mettre au monde des enfants pour les manger ensuite ? Peut-être avait-elle trop peur que la Mort les emporte avant elle. En tous cas, ces visages creusés par la honte du monde s’étendirent sur les pays, puis les continents, enfin le monde entier. Les uns se cachaient les yeux, le nez et les oreilles et murmuraient que cela n’avait jamais existé. Les autres se forçaient à les garder grand ouverts pour enfin hurler dans toutes les langues et écrire sur les murs : « Plus jamais ça ! » . Plus jamais ça.

A suivre...

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