Moins d’un an et demi après sa formation, Oxygen se fait peu à peu une place dans l’univers rock français. Rencontre avec un groupe à l’image de sa musique : énergique et enchanteur...

Tout d’abord racontez-moi la naissance du groupe : comment vous êtes-vous rencontrés ? depuis combien de temps jouez-vous ensemble ?
Max (chant, guitare, claviers) : L’aventure Oxygen a en fait commencé avec moi, puisqu’à l’époque de la première démo sous le nom Oxygen (ndlr : en 2002), il n’y avait en fait personne d’autre dans le groupe qui n’en était donc pas un. Je vivais en province à l’époque, puis en venant par la suite sur Paris, j’ai rencontré Anne ; l’entente parfaite d’un point de vue humain et musical a tout simplement imposé le fait qu’elle rejoigne l’aventure. On a cherché un bassiste et on a eu la chance de rencontrer Steph assez rapidement avec qui ça a collé parfaitement dès les premières secondes où nous avons joué ensemble. J’ai rencontré Tom à un concert, il avait entendu quelques morceaux d’Oxy et m’avait dit qu’un jour, si de son côté il était libre (à l’époque il était engagé dans un autre projet musical) il aimerait beaucoup rejoindre le groupe... 3 jours plus tard j’avais un coup de fil pour me dire qu’il était disponible. Voilà en gros comment s’est formée la bulle d’Oxygen, des rencontres au hasard. On a beaucoup de chance de s’être rencontrés et malgré nos différences d’ages, on est tous très liés. On est un groupe assez jeune en terme d’existence dans la mesure où Oxy existe dans sa forme définitive depuis seulement 1 an et demi.

Comment se créent les morceaux d’Oxygen ? Max, de quoi t’inspires-tu pour écrire ?
Max : De manière générale, j’écris la mélodie du morceau puis ensuite on travaille avec Anne la partie riff et deuxième guitare du morceau qui fait très souvent corps avec la composition de départ des morceaux. Ensuite, on bosse tous ensemble la partie rythmique et l’arrangement du morceau, et Steph apporte très souvent des deuxièmes voix. En fait les morceaux sont très souvent « maquettés » lors de la composition, ce qui les rend finalement assez définis au moment où on va les travailler tous ensemble ; mais cela n’empêche pas des remaniements et des apports conséquents par l’ensemble des membres du groupe.
Pour ce qui est de mon inspiration, c’est assez difficile à définir. Ce n’est pas toujours pareil. Un morceau peut souvent naître d’une simple phrase ou d’un mot qui va sonner d’une certaine manière et inspirer une mélodie, mais parfois la mélodie peut venir seule alors que je suis en train de faire complètement autre chose que de la musique.
Sinon, que ce soit pour la musique ou les paroles, l’inspiration est toujours de l’ordre émotionnel, du ressenti. C’est l’envie de créer ou recréer des sensations qui me motive et pas l’envie de revendiquer quoi que se soit. J’aime quand la musique a un côté cinématographique, je veux dire par là que si tu fermes les yeux, tu perçois des images qui donnent un sens à la chanson même si tu ne comprends pas les paroles au premier abord. J’aimerais que quelqu’un qui ne parle pas français et qui écoute Oxy comprenne quelque chose aux chansons simplement par les sonorités des paroles en accord avec la mélodie.

Composez-vous toujours ensemble, ou y-a-t-il un compositeur attitré dans le groupe ?
Tom (batterie) : La réponse à la question précédente répond en grande partie à celle-ci. On peut dire que Max est le compositeur attitré du groupe puisque c’est lui qui apporte le socle principal des morceaux. Ensuite chacun des membres apporte sa petite touche.
Quelles sont vos principales influences musicales ?
Max : Pour ma part, les influences principales ont été les Beatles pour leur puissance mélodique difficilement égalable, Nirvana pour le mélange parfait entre la mélodie pop énorme et la noirceur rock, puis le courant new wave qui est finalement aussi une rencontre entre un côté pop extrêmement efficace avec une certaine noirceur et mélancolie qui appartiennent plus au registre rock. Du côté des riffs de guitare ou synthé, ce courant est une de nos influences majeures. Sinon de manière générale, tout ce qui est extrêmement mélodique rentre dans le cadre de mes influences ou en tout cas de ce que je vais aimer. Pour citer ensuite plus de noms, j’écoute Eels, Grandaddy, The Cure, Placebo, Daisybox, Indochine, Blink-182, Muse, Ks Choice...
Steph (basse, choeurs) : je rejoins totalement Maxime sur les Beatles et une partie des années 80. Des groupes comme The Cure, Depeche Mode, Indo, New Order, The Stranglers m’ont énormément marqué musicalement.
Tom : Je vais aussi rejoindre mes collègues sur les influences principales. Mais j’écoute énormément de choses différentes à côté de ces influences majeures, ça peut aller de choses plus agressives comme Ramstein à de la musique classique.
Anne (guitare,chant) : Je me retrouve aussi dans les réponses des autres, même si mes premiers coups de cœur musicaux étaient plutôt du côté du rock des années 70 avec des groupes comme the Doors. Ensuite j’ai eu un vrai choc au niveau mélodique avec la découverte de beaucoup de choses qui viennent des années 80. Au final, c’est dans le pop-rock actuel influencé par cette période que je me retrouve le plus au niveau créatif.

Une petite question pour Anne : pas trop dur d’évoluer dans un monde (presque) exclusivement masculin ?
Anne : Au sein du groupe lui-même, ça va, c’est vivable dans la mesure où j’ai la chance d’être entourée de garçons relativement courtois (même s’il arrive parfois qu’ils oublient mon caractère féminin et donc non-réceptif à certaines choses qui semblent beaucoup les amuser). Et puis ça sert à se faire porter son matériel aussi, d’être une fille. Dans le milieu rock en général, il y a finalement plus de présence féminine qu’on le croit. Avec des groupes comme Daisybox, Madinka, Dolly, Aqme... et puis au final, on fait de la musique avant tout, donc être une fille ou un garçon ce n’est vraiment pas l’élément essentiel. Si tu as quelque chose à exprimer musicalement qui soit suffisamment intéressant, le reste n’aura pas tellement d’importance.
Vous êtes actuellement en auto-production. Aspirez-vous à une signature dans une maison de disques, ou le statut d’autoprod’ vous convient-il pour le moment ?
Max : On aspire évidemment à une signature en maison de disques dans la mesure où cela nous donnerait les moyens de réaliser sur un plan musical ce que l’on a en tête. Ensuite le côté distribution et promotion permet de toucher un maximum de personnes, ce qui n’est pas désagréable, on a forcément envie de partager avec le plus de monde possible notre musique.
Steph : Surtout qu’on a eu l’occasion de vivre, au cours de cette dernière année, pas mal de choses dans le cadre de l’auto-production, notamment au niveau des concerts et des « fans » ou en tous cas des gens qui nous suivent. On n’aurait jamais imaginé au départ d’Oxy qu’un an après on jouerait à la Maroquinerie avec un public reprenant en chœur les chansons. Ça donne réellement envie de prolonger la magie et d’aller plus loin, et il y a un moment où tu sens que tu stagnes un peu en auto-production, qu’il te faudrait un réel support médiatique pour passer à la vitesse supérieure.

Parlons un peu de la scène : quel est votre meilleur souvenir de concert ? le pire ? Tourner est-il facile ? Où trouvez-vous les moyens financiers ?
Max : Mon meilleur souvenir de concert, c’est difficile à dire, je pense que c’est le « Botanique » à Bruxelles, car dès les premières phrases du concert, j’ai entendu les gens chanter les paroles pour la première fois. C’est quelque chose de vraiment unique. Mais de manière générale tous les concerts apportent ce plaisir, j’aurai vraiment du mal du coup à départager. Sinon, un concert un peu surréaliste qu’on a vécu un jour... ceux qui y étaient comprendront, c’est un souvenir énorme. Le pire souvenir, je pense que c’est lorsqu’une corde de ma guitare a cassé sur le premier morceau lors du show case à la Fnac de Bruxelles et qu’elle est restée coincée à l’intérieur du corps de la guitare. J’ai dû courir à travers toute la Fnac pour trouver de quoi régler le problème, on a dû interrompre le show case pendant 15 minutes, c’était plutôt gênant et frustrant.
Steph : Le meilleur souvenir je dirais aussi le Botanique de Bruxelles, il y avait un truc particulier ce soir-là, je sais pas pourquoi, sûrement le public belge... Le pire... j’en vois pas vraiment, peut-être un de ces concerts où je n’avais plus rien dans les retours, mais bon les concerts, ça reste plutôt des excellents souvenirs au final.
Tom : La Maroquinerie reste un souvenir excellent et le concert surréaliste dont paraît Max est bien ancré dans ma mémoire aussi ! ! ! Pour les pires souvenirs, comme Steph, je n’en ai pas vraiment, ou peut-être à SPA, frapper sur une batterie avec 38,5 de fièvre, c’est pas l’idéal.
Anne : La Maroquinerie(ndlr : Oxygen a joué deux fois dans cette salle : le 20.03.04 et lors du Néburian festival le 11.11.04) est un souvenir vraiment excellent. Pour les pire, je pense que c’est le tout premier concert d’Oxy que je n’ai en fait pas vécu puisque quelques jours avant je me suis brisé le poignet. Rien de plus frustrant...
Max : Sinon, pour répondre au reste de la question, tourner n’est pas vraiment une chose facile, car ça implique pas mal de frais de logistique. On a la chance d’avoir été soutenu par des gens géniaux qui ont mis en place les moyens de nous faire tourner notamment en Belgique et souvent dans de belles salles. Sinon, une tournée, c’est un investissement, soit des personnes investissent pour toi, soit tu le fais toi-même, mais après il faut que ce soit rentable, c’est-à-dire tout simplement rentrer dans ses frais, car tu ne peux pas éternellement tourner à perte...

Enfin l’avenir d’Oxy : un deuxième album est-il prévu ? une véritable tournée ?
Max : Pour ce qui est d’un deuxième album, on pourrait le faire maintenant d’un point de vue musical dans la mesure où nous avons déjà les morceaux (une partie de ces morceaux ont déjà été joués sur certaines dates), mais on aimerait vraiment avoir les moyens d’enregistrer comme on le désire cet album, c’est-à-dire dans de vraies bonnes conditions, donc tout ça est encore au stade de la réflexion. Cependant ça ne veut pas dire que rien n’est à venir de nouveau... la nouvelle année pourrait peut-être arriver avec quelque chose d’Oxygéné et de plutôt d’inattendu dans les mains...
Côté tournée, pas de nouvelles dates pour l’instant puisque nous sommes concentrés sur quelque chose de particulier pendant encore quelques temps, mais bientôt de nouvelles dates arriveront aussi. Ensuite, pour ce qui est d’une vraie tournée, tout dépend des moyens dont nous disposerons. Ce qui est sûr c’est que nous tenterons de faire le maximum.

contact :www.oxygen-off.com
photos par Galou (http://www.galou.be.tf/)