Le journal du lycée Jean Jaures

 

Le Kremlin

 

Le matin où commence cette histoire, nous avions prévu de visiter le Kremlin, étape indispensable, symbole de Moscou. Nous nous retrouvâmes donc devant ces magnifiques murailles de briques rouges, dans le centre de Moscou. Evidemment, nous étions émus. Pensez-vous, après n’en avoir vu que les murs pendant X jours, nous allions enfin savoir ce qu’ils renfermaient.

Mais avant la visite proprement dite, nous eûmes l’honneur d’assister à un spectacle unique : la relève de la garde devant la tombe du soldat inconnu. Nous vîmes donc deux soldats en uniformes verts, raides comme des piquets, qui surveillaient attentivement la tombe en question. Evidemment, en touristes moyens que nous étions, nous mitraillâmes les deux pauvres hommes avec nos appareils photo. Quelques minutes après, trois autres soldats, que l’on pourrait qualifier de la même façon, arrivèrent, levant haut la jambe à un rythme bien synchronisé. Ce fut un spectacle impressionnant, car aucun d’eux ne perdit sa concentration, malgré les yeux inquisiteurs rivés sur eux, ce que nous aurions été bien incapables de faire plus de quelques secondes.

Après avoir échangé nos commentaires, nous partîmes vers le Kremlin, but ultime de notre visite. Une étape obligatoire nous y attendait : la consigne. Les sacs étant interdits à l’intérieur, nous les y laissâmes. Certains d’entre nous, révoltés par le montant de ce service, qui était soi-dit entre nous plus cher pour les étrangers, tentèrent de tricher en mettant leurs sacs les uns dans les autres, tentative qui échoua, au désespoir de tous.

Ces formalités achevées, nous passâmes enfin la muraille. Nous nous retrouvâmes dans une rue qui avait tout d’une rue normale, à l’exception qu’aucune voiture n’y circulait et que des barrières, qu’il ne fallait surtout pas toucher sous peine de se faire rappeler à l’ordre, la bordaient du côté où nous nous trouvions. Sous la conduite de notre guide, nous entrâmes dans un musée où étaient exposés de nombreux cadeaux diplomatiques offerts aux Tsars de la Russie. La plupart de ses objets n’avait jamais servi, ou juste une fois. Nous eûmes entre autres l’immense joie de contempler les vêtements des Tsars et de leurs femmes, leurs couronnes, de magnifiques icônes recouvertes d’or, des armes et des carosses. Ces derniers étaient d’ailleurs bien inutiles dans la neige. Nous nous sentîmes très fiers quand le guide nous apprit que l’un des plus beaux carrosses de la salle avait été offert par les français.

En sortant du musée, nous pûmes contempler une super place entourée de trois superbes cathédrales, que nous visitâmes, découvrant leur histoire et ce qu’elles renfermaient. En sortant de l’une d’elles, certains d’entre nous, harrassés par la difficile visite, tentèrent de s’asseoir sur les marches dans le but de se reposer. Mal leur en prit, notre guide nous apprit que cela nous mettait en danger de stérilité. Nous avons d’abord cru qu’il s’agissait d’une plaisanterie, car il avait un humour que nous ne comprenions pas toujours, mais notre chère professeur nous apprit que c’était la vérité. Nous lui avons donc aveuglement fait confiance, en élèves modèles que nous sommes.

Notre visite nous mena ensuite devant deux monuments uniques : la plus grosse cloche du monde n’ayant jamais sonné, et le plus gros canon du monde n’ayant jamais tiré. Notre visite se termina devant le bâtiment dans lequel le président Poutine donnait ses réceptions. En temps qu’authentiques représentants de la France, nous nous attendions à être reçus avec les honneurs dus à notre rang par un thé en "tête à têtes" avec lui. Mais nous finîmes par nous rendre compte qu’il ne daigerait pas nous inviter. Dépités, nous partîmes en protestant, en français modèles que nous sommes.

Ainsi s’achève le récit de notre visite du Kremlin, étape marquante de notre voyage.

Répondre à cet article